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Comment tailler le romarin : guide pratique pour une taille réussie

Pour écrire cette intro, on a décidé de se lancer dans une compétition de sécateur. Le résultat ? Un chef-d'œuvre de — et un romarin aux abois. Promis, on vous explique tout ici :

12 min
Nature & Jardin
22 February 2026 à 17h19

Pour écrire cette intro, on a décidé de se lancer dans une compétition de sécateur. Le résultat ? Un chef-d'œuvre de — et un romarin aux abois. Promis, on vous explique tout ici :

Quand et comment tailler le romarin : guide pour une coupe parfaite

Il y a des gestes qui font parler la terre, et tailler Rosmarinus officinalis n’a rien d’un caprice de citadin pressé ! Soyons honnêtes, un vrai jardinier breton ne sort pas son sécateur au hasard, surtout avec une plante aussi fière que le romarin. Allez savoir pourquoi, mais ici chaque coupe est un acte réfléchi, presque sacré.

La meilleure période : le printemps, juste après la floraison

Si vous taillez votre romarin juste après la floraison—disons entre mars et mai—vous surfez littéralement sur la vague montante de la sève. La plante cicatrise alors avec une vigueur qui ferait pâlir un vieux granit du Trégor. En climat doux (comme sur nos côtes bretonnes protégées des morsures du gel), on peut s’autoriser une petite taille d’entretien à l’automne. Mais attention : une nuit froide et c’est la sanction, les plaies fraîches gèlent et causent des dégâts…

Ceux qui aiment jardiner en phase avec la lune viseront la lune descendante : les flux de sève ralentissent, ce qui favorise une reprise sans excès de vigueur folle ni déperdition d’arômes.

Calendrier de la taille du romarin :
- Printemps (mars-mai) : taille principale après floraison
- Été : pincements légers pour garder la forme
- Automne : nettoyage très doux si climat doux (jamais avant le froid)
- Hiver : repos complet, on oublie le sécateur !

La technique de base en 3 gestes : observer, couper, aérer

  • Observer : Reculez de deux pas (voire trois pour les myopes comme moi) et regardez bien la silhouette de votre arbuste. Le but ? Comprendre où il fait la tête ou part en vadrouille.
  • Couper : Ne touchez qu’aux jeunes pousses — ce fameux bois vert souple et parfumé — et jamais au vieux bois grisâtre. Raccourcissez d’environ un tiers ces tiges tendres ; c’est ça qui garantit des repousses vigoureuses !
  • Aérer : Débarrassez-vous sans état d’âme des branches mortes ou celles qui s’entrecroisent dans le cœur du buisson. L’air circulera, les maladies auront moins l’idée de s’inviter.

Sécateur coupant branche verte romarin - illustration différence bois vert/vieux bois

Clé du succès : jamais dans le vieux bois ! Il ne redémarrera pas... Croyez-en des générations de Bretons obstinés.

Le bon outil : un sécateur bien affûté et désinfecté, c'est la base !

Franchement, entre nous… combien ont ruiné leur romarin avec un vieux sécateur rouillé ou collant ? Un outil bien aiguisé fait toute la différence : l’entaille est nette, « comme dans du beurre », et la cicatrisation suit sans souci. Héritage de mon grand-père bâtisseur : « Tu ne feras jamais du bon travail avec de mauvais outils. » Un conseil que je martèle encore aujourd’hui.

Avant chaque session — oui, à CHAQUE fois — passez vos lames au chiffon imbibé d’alcool à 70°. Cela évite tout risque de transmettre des maladies sournoises d’une plante à l’autre. D’ailleurs, je parie que celui qui zappe cette étape se retrouve inévitablement avec un romarin patraque quelques semaines plus tard…

Pourquoi tailler votre romarin : bien plus qu'un simple coup de ciseaux

Laisser son romarin pousser en roue libre, franchement, c'est la meilleure façon d'obtenir un vieux balai tout triste. Tailler, ce n’est pas juste couper pour couper : on sculpte, on stimule, on protège. C’est un dialogue secret entre le jardinier et la plante — et croyez-moi, la plante s’en souvient !

Pour un port compact et touffu (et éviter qu'il ne se dégarnisse)

Un romarin qu’on laisse filer, c’est comme une corde raide : il grimpe, il grimpe… mais il finit par montrer ses chevilles toutes nues de vieux bois. Franchement, un romarin tout dégingandé qui montre ses vieilles chevilles de bois perd tout son charme dans un jardin ou un potager. La taille incite chaque tige à se dédoubler — une vraie ramification en éventail qui donne ce buisson touffu dont rêvent les bonnes cuisines bretonnes. Plus besoin de cacher la base avec une pierre !

Romarin compact taillé et ramifié sur fond granitique breton

Pour stimuler la croissance de nouvelles pousses bien aromatiques

C’est prouvé : tailler au printemps déclenche l’apparition de jeunes pousses tendres — les fameuses tiges qui embaument la main dès qu’on les effleure. Ces rameaux regorgent d’huiles essentielles ; résultat, vos grillades prennent des airs de fest-noz dès le mois de juin. Si vous aimez le parfum puissant du romarin frais dans vos plats mijotés ou vos pommes de terre au four, il n’y a pas mieux que ces jeunes pousses issues d’une taille précise.

Chaque branche taillée est une promesse : une promesse de nouvelles pousses, de saveurs plus intenses, et surtout, d'un arbuste qui respire la santé.

Pour le garder en bonne santé et prolonger sa durée de vie

Négliger la taille revient à ouvrir grand les bras aux maladies. Un centre étouffé par des branches mortes devient vite l’auberge des champignons… Tailler permet d’éclaircir le cœur du buisson et d’éviter que l’humidité ne s’installe trop longtemps après une pluie bretonne bien serrée ! On enlève le vieux bois fatigué : adieu parasites, bonjour vigueur retrouvée. Voilà comment certains pieds traversent les décennies sans jamais faiblir.

Adapter la taille : chaque romarin est unique, de la rocaille au balcon

Dans le vaste théâtre du jardin, chaque romarin écrit son propre scénario. Franchement, croire qu’on taille un vieux pied rabougri comme un jeune premier en pot, c’est ignorer tout l’art du dialogue avec la plante. Ici, on décortique les cas particuliers — et il y a de quoi !

Comment rajeunir un vieux romarin ? L'opération de la dernière chance

Vous voilà face à un patriarche du jardin : tronc épais, branches plus grises que la barbe d’un goémonier et peu ou pas de jeunes pousses… On me demande souvent : « Peut-on sauver ça ? » C’est une opération à cœur ouvert et la réussite n’est jamais garantie. Le secret ? Jamais tout d’un coup : vous n’ôtez qu’un tiers des vieilles branches par an, jamais plus. Sélectionnez les tiges les plus fatiguées (celles qui ne donnent plus rien, ni fleurs ni feuilles), coupez-les juste au-dessus d’un départ vert si possible. Patientez l’année suivante pour recommencer sur un autre tiers.

Un vieux romarin peut parfois redémarrer timidement de la base… mais s’il ne veut rien savoir après deux ans, il faut accepter que son temps est passé. C’est cruel mais vrai : certains pieds sont trop marqués par les ans et les tailles approximatives pour repartir vaillamment.

Taille rajeunissement vieux romarin branche grise – main avec sécateur

Le cas particulier du romarin sur tige : une taille de topiaire

Ah, le romarin sur tige ! Petit bijou végétal qui réclame doigté et attention de chaque instant. Pour garder sa couronne parfaitement sphérique, pincez régulièrement (avec les doigts ou des mini-ciseaux) toutes les extrémités de jeunes pousses dès qu’elles s’allongent trop. Ce geste patient densifie le feuillage et évite les trous dans la boule.

Il faut aussi surveiller constamment le tronc : au moindre départ feuillu sur ce dernier (ces petites pousses rebelles qui surgissent n’importe où), supprimez-les immédiatement ! Sinon, c’est toute l’élégance qui s’effondre… Minutie et régularité font toute la différence. Un vrai travail d’orfèvre jardinier — ceux qui pensent que c’est « facile » n’ont jamais tenté de conserver une belle boule toute l’année.

Romarin sur tige en boule bien taillé – pot terre cuite breton

Tailler un romarin en pot : les clés pour qu'il ne se sente pas à l'étroit

La vie en pot, c'est un peu comme vivre dans un biniou : il faut gérer l'espace ! Pour éviter que votre romarin ne prenne le melon ou dépérisse par manque d’air, taillez-le souvent : chaque mois d’avril à septembre, raccourcissez légèrement toutes les pousses pour contenir sa fougue aromatique.

Surveillez toujours l’humidité : drainage impeccable obligatoire (merci les billes d’argile au fond), car sinon c’est racines gorgées d’eau puis noircies assurées… Tous les 2-3 ans, offrez-lui un rempotage dans du terreau frais bien aéré ; il vous le rendra au centuple !

Anecdote locale : sur mon balcon face à la ria d’Étel (oui oui), mon vieux romarin en jardinière a survécu cinq tempêtes… grâce à cette routine stricte taille + drainage + rempotage. Comme quoi, même sous le crachin breton (qui n’a rien d’une légende urbaine), on peut garder son romarin pimpant !

Romarin dense en pot sur balcon breton – billes argile visibles

Trois erreurs fatales à éviter pour préserver votre romarin

On croit parfois bien faire… et on précipite son romarin droit vers la descente aux enfers botaniques. Franchement, entre nous, ces trois pièges sont à graver dans le granit de votre mémoire : il suffit d’une seule bourde pour transformer un buisson pimpant en squelette végétal.

L'interdit absolu : tailler dans le vieux bois lignifié

« Couper dans le vieux bois du romarin, c’est comme vouloir réveiller une pierre de Carnac… » Ce n’est pas pour rien qu’on parle ici de mémoire du bois. Le romarin ne repartira PAS sur une branche taillée trop bas : la partie grise, sèche, sans feuille, restera stérile et morte ad vitam aeternam. Un coup de sécateur trop gourmand et vous perdez la branche – point final. C’est la règle d’or que même les druides respectaient !

Romarin taillé trop bas sur vieux bois gris, sécateur posé - ambiance bretonne dramatique
Alerte rouge : ne coupez JAMAIS dans le vieux bois (la partie grise, sans feuilles). Le romarin ne s'en remettra pas. C'est la seule règle à retenir si vous oubliez tout le reste !

La fausse bonne idée : une taille sévère juste avant l'hiver

Croyant préparer leur plante à l’hiver, certains jardiniers pensent qu’une bonne coupe automnale fera des miracles… Erreur monumentale ! Les coupes fraîches offrent des portes béantes au gel qui remonte par capillarité dans les tissus tendres. Résultat : brûlures noires et dépérissement assuré dès la première gelée sérieuse. Une taille douce à l’automne passe encore si le climat est doux, mais tout rabattage sérieux doit attendre le printemps – sauf si vous aimez les regrets hivernaux.

La négligence : oublier ce qu'on a coupé

Il y a toujours quelqu’un pour « déplumer » intégralement son arbuste sous prétexte de vouloir beaucoup de branches fraîches d’un coup ! Le résultat ? Plus assez de feuillage pour assurer la photosynthèse et reconstituer ses réserves. On ne prélève jamais tout sur une tige ni tout le feuillage d’un seul coup : laissez toujours au moins un tiers vert, sinon votre romarin se carapate au paradis des plantes maltraitées.

Après la taille : que faire des branches coupées ?

Franchement, entre nous, balancer les restes de romarin à la benne, c’est un crime contre l’âme du jardin ! Chaque branche coupée recèle une promesse : celle d’un nouveau plant ou d’une saveur intense dans la cuisine. Alors, que faire de cette manne végétale ?

Le bouturage : la plus belle promesse d'un romarin

Le bouturage n’a rien d’un secret druidique… C’est le geste malin et généreux qu’on devrait tous pratiquer. Prélevez des tronçons de 10 à 15 cm sur les plus belles tiges fraîches (jamais le vieux bois, soyons clairs !). Retirez les feuilles du bas sur trois à cinq centimètres, puis placez-les soit dans un verre d’eau claire posé sur le rebord d’une fenêtre (lumière mais pas soleil direct), soit directement en pot dans un terreau léger et aéré. Les racines apparaissent au bout de quelques semaines — patience et brumisation régulière sont vos meilleurs alliés.

Boutures de romarin dans bocal en verre sur rebord de fenêtre

Le plus beau ? Offrir ces jeunes plants à ses voisins ou à sa famille. Ici en Bretagne, cela scelle des alliances plus sûrement qu’une crêpe partagée !

En cuisine et à la maison : bouquets garnis et parfums d'ambiance

Soyons honnêtes : jeter du romarin frais alors qu’il peut sublimer vos plats ou parfumer votre intérieur, ce serait absurde… Faites sécher les plus petites branches pour composer vos bouquets garnis maison : ficelées tête en bas dans un endroit sec, elles garderont leur parfum des mois durant. Les tiges épaisses serviront de piques pour brochettes aromatiques au barbecue — testez juste une fois sur des sardines grillées, vous m’en direz des nouvelles !

Pour l’ambiance, glissez quelques rameaux dans une armoire ou laissez-les infuser dans un vinaigre ménager maison (ça marche aussi pour chasser les odeurs tenaces). Un petit bouquet dans une pièce suffit à ramener la garrigue jusque sous le ciel breton.

Cette logique de soin et de valorisation s'applique à bien d'autres pensionnaires du jardin. D'ailleurs, si vous vous demandez quand tailler les thuyas de votre haie ou comment gérer un laurier rose un peu trop envahissant, les principes restent les mêmes : comprendre la plante et agir au bon moment.

Tailler le romarin : résumé pour les jardiniers pressés

Pas le temps de tout lire ? Retenez l’essentiel ! Ici, pas de blabla inutile : on va droit au but, comme un coup de sécateur bien senti sur une tige rebelle.

  • Quand ? Au printemps, juste après la floraison. Jamais en hiver, sous peine de sanction assurée.
  • Comment ? Raccourcissez d’un tiers uniquement le bois vert et tendre.
  • Erreur fatale ? Toucher au vieux bois gris = branche morte à vie, elle ne repartira jamais.
  • Astuce ? Chaque branche coupée peut devenir une nouvelle plante grâce au bouturage.

Alors, à vos sécateurs – que ça sente bon dans vos jardins bretons ou ailleurs ! Les plantes ont de la mémoire : taillez avec cœur, elles vous le rendront. C’est l’essentiel.

Comment tailler le romarin : guide pratique pour une taille réussie

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