Depuis 2019, l’utilisation de désherbant sélectif pour gazon est interdite pour les particuliers. Une loi nécessaire pour protéger la biodiversité, les sols et notre santé. Mais alors, que faire pour maintenir un gazon impeccable sans désherbant chimique ? On vous explique tout dans notre article.
Désherbant sélectif pour gazon : les raisons de l'interdiction aux particuliers
Une interdiction effective depuis 2019
Oui, pas besoin de tourner autour du pot : depuis le 1er janvier 2019, impossible pour nous, simples jardiniers, d’acheter ou d’utiliser le moindre désherbant sélectif chimique sur nos pelouses. Vous voyez l’idée ? Ce sont ces produits qui prétendaient zigouiller la pâquerette sans toucher à votre gazon bien peigné… Allez savoir pourquoi on a mis autant de temps à sortir ces fioles magiques de nos cabanes à outils ! C’est la loi Labbé qui a sifflé la fin de la récré, et je ne vais pas m’en plaindre…
Oui, depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit aux jardiniers amateurs d'acheter, d'utiliser ou de stocker des désherbants de synthèse pour gazon. C'est une avancée positive pour tous.
Impact de la loi Labbé sur nos jardins
Franchement, entre nous… Cette législation aurait dû être posée sur la table des élus depuis des lustres. La loi Labbé ne s’arrête pas aux désherbants (adieu glyphosate et compagnie) : elle vise tous les produits phytosanitaires de synthèse. Nous voilà tous concernés — sauf si vous avez un château avec parc à la française (et encore…).
- Qui est concerné ? Nous, les jardiniers amateurs.
- Quels produits ? Tous les produits phytosanitaires de synthèse (herbicides, insecticides, fongicides).
- Où ? Dans nos jardins, potagers, et même sur nos balcons.
- L'objectif ? Protéger notre santé et notre petit coin de planète.
Il n'est plus possible de se procurer ces produits en jardinerie. L'époque des bidons cachés derrière les sacs d’engrais est révolue.
Les raisons de cette interdiction
Le sol n’est pas une serpillère. Ces produits chimiques affectaient les vers de terre, les abeilles, et se retrouvaient dans l’eau jusqu’à l’Océan Atlantique, comme si l’on vidait nos casseroles sales directement dans l’Aber Wrac’h. Selon le ministère de l’Agriculture : « Leur usage intensif pollue sols et nappes phréatiques, altère la biodiversité, et présente des risques sanitaires avérés pour l’humain. »
Soyons honnêtes : chaque pschitt envoyé sur le trèfle était une claque à tout le microcosme vivant sous nos pieds. On sait aujourd’hui que ces molécules persistent dans le sol bien plus longtemps qu’un bon souvenir de vacances à Roscoff… Un sol vivant fourmille d’insectes auxiliaires ; un sol stérilisé finit aussi triste qu’un parking en hiver.
Et puis avouez-le : un carré de pelouse piqué par une poignée de pâquerettes ou un nuage de trèfles blancs vaut mille fois mieux qu’un green aseptisé où il ne se passe rien.
Comment avoir un gazon impeccable sans désherbant chimique ?
Un gazon dense et en bonne santé, la meilleure défense
Allez, soyons honnêtes : on croit souvent que la clef c’est de partir en guerre contre les « mauvaises herbes ». Mais en vérité, rien ne vaut un tapis d’herbe costaud qui ne laisse aucune chance à l’intrus ! Un gazon dense, c’est le meilleur garde-chiourme du carré vert, parole de Bretonne.
Quelques astuces efficaces, testées personnellement :
- Bien choisir ses semences. Optez pour des variétés adaptées, comme celles de Barenbrug, performantes sur sol breton même sous forte pluie.
- Tondre haut, jamais à ras. Une tonte à 3 cm expose la pelouse au soleil et favorise les adventices. Privilégiez une hauteur de 6-8 cm pour protéger le sol et favoriser un enracinement profond.
- Fertiliser intelligemment. Utilisez des engrais naturels tels que Floranid Twin Racine (Compo Expert), Proturf ou Sierrablen Plus pour nourrir le sol en profondeur et éviter la fatigue printanière.
- Aérer la terre. Une fois par an, utilisez une fourche ou un aérateur pour décompacter le sol, permettant aux racines de mieux respirer et à la vie du sol de se rétablir.
- Arroser avec modération. Arrosez le matin, abondamment mais pas quotidiennement. Un excès d’eau ramollit le sol, un manque le dessèche.
Checklist rapide pour ne rien oublier :
- [ ] Choisir des semences adaptées au sol et au climat.
- [ ] Tondre à une hauteur de 6-8 cm pour favoriser l'enracinement.
- [ ] Fertiliser au printemps et à l'automne avec des engrais organiques.
- [ ] Aérer le sol chaque année pour décompacter la terre.
- [ ] Arroser le matin, copieusement mais pas trop souvent.
Un gazon robuste permet au jardinier de profiter de l'été sans souci… parole de Bretonne qui préfère ramasser les pommes que désherber !
Alternatives naturelles et produits de biocontrôle autorisés
Franchement, entre nous… il ne faut pas s’attendre à une potion miracle sortie tout droit du chaudron d’un druide ! Mais quelques solutions naturelles donnent un vrai coup de main — si tant est qu’on les utilise intelligemment et PATIEMMENT.
À retenir pour une utilisation efficace :
- L’acide pélargonique, extrait naturel de certaines plantes, détruit les jeunes plantules sans stériliser le sol. Il est efficace sur feuillage jeune et par temps sec.
- L’acide acétique (vinaigre) est utile contre la mousse coriace sur allées ou bordures, mais doit être utilisé avec précaution pour éviter de brûler les graminées.
- Pour la mousse, Feraway est efficace lorsqu'il est bien appliqué, agissant plus comme un tonique que comme un remède miracle.
- Parmi les produits de biocontrôle homologués, on trouve ALEAVI®, Protector, ainsi que des solutions développées par Evergreen Garden Care France SAS ou Belchim Crop Protection. Chaque terrain réagit différemment, il ne faut pas attendre de miracles.
Anecdote vécue : une voisine m’a demandé une fois pourquoi ses pissenlits revenaient toujours malgré « trois traitements bios »… Eh bien parce que le cœur du problème était dans la tonte trop courte et le manque d’aération du sol ! On s’entête parfois à chercher loin ce qui commence sous nos pieds…
Méthodes mécaniques et manuelles : le bon sens retrouvé
Rien ne remplace la main humaine équipée d’une gouge ou d’un couteau désherbeur bien affûté. Pour extraire la racine pivotante du pissenlit, ce geste précis est inégalé. Les outils manuels comme les gouges fines ou les tire-racines (marques Fiskars, Gardena, etc.) sont facilement disponibles en jardinerie.
Le bon sens paysan recommande, sur grande surface ou avant un semis neuf, la technique du « faux-semis » : préparer le terrain, laisser germer les adventices, puis les éliminer avant le semis réel. Cette méthode ancestrale, souvent oubliée, évite bien des problèmes.
Désherber manuellement avec une gouge n’est ni rétrograde ni démodé : c’est renouer avec la terre et ressentir la fierté de voir sa pelouse grandir naturellement, sans produits chimiques.
Questions fréquentes sur l'entretien du gazon après l'interdiction
Désherbants sélectifs "professionnels" : sont-ils accessibles ?
Il est possible de trouver sur internet des désherbants "professionnels" importés, mais contourner la loi est illégal, risqué et irresponsable. Depuis 2019, il est interdit en France pour un particulier d’acheter, détenir ou utiliser ces produits.
Ces produits présentent des risques sérieux : toxicité aiguë, résidus persistants dans le sol, impacts négatifs sur la vie microbienne, et certains sont classés cancérogènes probables (source : Centre international de Recherche sur le Cancer). Utiliser ces produits ne rend pas le gazon plus vert.
Comment gérer un jeune gazon envahi de mauvaises herbes ?
Ah, le grand frisson du semis : on rêve d’un tapis moelleux et on se retrouve parfois avec une mosaïque improbable de plantules inconnues… Première règle : aucun désherbant, qu'il soit chimique ou naturel, avant 6 mois à un an. Ces adventices sont souvent annuelles et disparaissent après quelques tontes régulières.
Un jeune gazon doit d’abord s’enraciner profondément. Les premières tontes élimineront la majorité des adventices. La patience est essentielle, car intervenir trop tôt ou trop vigoureusement fragilise la pelouse.
Anecdote : lors de mon premier semis à Plouguerneau, j’ai observé plus de trèfles et renoncules que d’herbe. Deux mois et quatre tontes modérées plus tard, le gazon avait naturellement pris le dessus.
Semer ou sursemer après un désherbage manuel : quand et comment ?
La nature déteste le vide : un trou laissé après avoir arraché un pissenlit sera rapidement colonisé par des adventices. Il faut donc agir rapidement.
Méthode rapide de regarnissage localisé :
- Griffez légèrement la zone nue avec un croc ou une griffe.
- Semez quelques graines de gazon adapté, en privilégiant le même mélange pour éviter un effet patchwork.
- Tassez légèrement avec le pied ou une planche pour assurer un bon contact graine-terre.
- Arrosez généreusement, surtout par temps sec.
- Périodes idéales : printemps doux ou automne humide, conditions optimales pour la germination.
Ce geste simple est essentiel pour maintenir une pelouse dense et limiter les adventices. Rien ne vaut la satisfaction de voir ces jeunes pousses remplacer un vieux pissenlit.
Penser autrement le gazon : vers une pelouse vivante
Il est parfois nécessaire de revoir nos habitudes. L’obsession d’un gazon uniforme, vert fluo et rasé de près est discutable. Une lande bretonne sans fougère ou une vasière sans bécasseaux serait-elle naturelle ? Le véritable charme d’un jardin réside dans la diversité où trèfle, violette et pâquerette cohabitent et attirent les abeilles.
La pelouse « parfaite » est dépassée, place à la pelouse vivante ! La diversité est la clé pour la santé des sols : un mélange de graminées, trèfles et fleurs rustiques rend le gazon plus résistant aux maladies et à la sécheresse (source : Jardin & Saisons). Des études canadiennes et l’expérience locale montrent que plus la diversité est grande, moins les mauvaises herbes s’installent.
Le trèfle fixe naturellement l’azote dans le sol, un apport gratuit et écologique. La pâquerette, comestible et attractive pour les syrphes, indique un sol équilibré. Ces fleurs attirent les insectes butineurs, un contraste avec le silence d’un gazon artificiel.
Plus vous laissez votre gazon s’épanouir naturellement, plus la biodiversité s’épanouit : oiseaux granivores, papillons rares et hérissons viendront chez vous.
Anecdote : après avoir cessé de chasser les « mauvaises herbes », un couple de bergeronnettes est revenu sur ma pelouse, picorant entre plantain et trèfle. Résultat : moins de limaces sur les salades, preuve que la nature se rééquilibre quand on la laisse faire.
Cette interdiction des désherbants chimiques est une opportunité pour repenser notre relation au jardin : collaborer avec la nature plutôt que de la combattre, observer les signes du sol comme on surveille les marées. C’est un effort, mais la récompense est visible au printemps avec le ballet des pollinisateurs. Le cidre partagé sous les pommiers a un goût bien différent quand il célèbre un jardin vivant.




