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Taille sévère de l'olivier : guide pratique pour une repousse réussie

On a taillé notre olivier centenaire de façon radicale. Et on vous explique pourquoi vous devriez (peut-être) en faire autant.

14 min
Nature & Jardin
19 February 2026 à 13h18

Soyons honnêtes : on a taillé notre olivier centenaire de façon radicale. Et on vous explique pourquoi vous devriez (peut-être) en faire autant. Entre solutions pratiques pour les jardiniers, et un point de vue plus philosophique sur ce que le jardinage peut nous apprendre sur la vie.

Taille sévère de l'olivier : peut-on vraiment tout couper (ou presque) ? La réponse est oui !

Voilà une affirmation qui bouscule pas mal d'idées reçues, mais croyez-moi, c'est du vécu. Je vous le dis tout net : on peut rabattre un olivier même très vieux, sans trembler. Pourquoi s'en priver ? L'olivier, c'est comme la vieille grange de mon enfance en granite de Kersanton : la structure tient bon malgré les années et les outrages. Une taille sévère, on appelle ça dans le jargon "taille de régénération" – ou si vous préférez, une remise à nu respectueuse. On enlève ce qui étouffe et ce qui ne sert plus, pour que l'arbre retrouve sa vigueur.

Olivier après taille sévère révélant sa structure saine

Qu'on se le dise : couper franchement quand il faut, ce n'est pas de la cruauté mais une faveur qu'on rend à ce coriace méditerranéen. Les "on dit" sur les risques sont souvent des peurs de citadins ! Franchement, entre nous, votre olivier a plus de ressources que vous ne l'imaginez.

Franchement, entre nous, votre olivier a plus de ressources que vous ne l'imaginez. C'est un dur à cuire, un Breton du sud en quelque sorte ! Il a juste besoin d'un bon coup de pouce pour repartir de plus belle.

La preuve ? Cette pratique permet non seulement de rénover un arbre devenu improductif (on ne laisse généralement que 4 à 8 branches charpentières), mais aussi d'éliminer les parties faibles ou malades (source : Wikipedia). Qui plus est, cela booste la lumière au cœur du feuillage et relance la production (et là je parle d'expérience ET d'avis d’experts).

Alors soyons honnêtes : si vous hésitez encore à sortir la scie et l’ébrancheur, ne fuyez pas ! On va voir ensemble le quand (et c’est pas n’importe quand), le pourquoi (toujours une bonne raison) et surtout le comment – car là, il y a des vraies boulettes à éviter... Allez savoir pourquoi on aime parfois se compliquer la vie au jardin !

Quand rabattre son olivier ? Le calendrier du tailleur averti 🗓️

Ouvrons les yeux : le bon moment, ce n’est ni une question de mode ni d’habitude, c’est une évidence de terrain. Le créneau idéal pour rabattre un olivier se situe juste après les dernières fortes gelées et avant que la sève ne s’emballe avec la floraison. Sur ma terre natale, cela veut dire entre fin février et début avril, mais tout dépend du coin – dans le sud, un mars ensoleillé fait déjà l’affaire, plus au nord il vaut mieux miser sur avril (voire mai si l’hiver a vraiment traîné).

Olivier ancien taillé sévèrement en mars, ambiance bretonne naturelle

Pourquoi cette fenêtre ? Couper alors que la bise gèle encore les flaques, c’est comme refaire la toiture d’une longère sous la neige : absurde et casse-gueule. Une plaie de coupe fraîche offerte au gel, c’est la porte ouverte aux maladies – un vrai courant d’air dans votre maison en pierre sans volet, vous voyez le tableau…

  • Sud de la France : privilégiez les semaines de fin février à mars.
  • Régions plus fraîches ou Bretagne d’altitude : attendez plutôt fin mars à début avril, pas avant.
  • Évitez l’automne ! C’est tentant mais c’est le pire moment : l’arbre n’aura pas le temps de cicatriser avant les mauvais jours.
Attention au gel tardif ! C'est l'ennemi numéro un. Tailler trop tôt, c'est risquer que le gel ne "brûle" les coupes fraîches et n'endommage gravement les branches restantes. Mieux vaut attendre une semaine de trop que de tailler un jour trop tôt.

Entre nous : je préfère patienter quelques jours à observer le vent d’est plutôt que de bâcler la coupe. L’expérience m’a appris à respecter les caprices du climat plus que ceux des jardiniers pressés !

Pourquoi votre olivier a besoin d'un coup de jeune : les 4 cas où la taille sévère s'impose

Faites-moi confiance, il n'y a rien de pire qu'un malentendu entre un jardinier et son olivier : parfois, il faut savoir trancher net pour mieux repartir. Cette "taille de régénération" fait souvent grincer des dents, mais c'est LA méthode pour sauver ou redynamiser un arbre qui tire la langue. Voici le diagnostic sans détour, en quatre situations typiques où il ne faut pas hésiter à sortir l'artillerie lourde.

1. L'olivier est devenu trop haut ou trop touffu

Franchement, qui n’a jamais vu un olivier transformé en forêt impénétrable ? Quand la feuillaison prend le dessus, la lumière ne pénètre plus du tout. Résultat : au cœur, c’est l’étouffement assuré, l’arbre s’épuise à nourrir du bois inutile – comme une pièce surchargée de meubles sales et moisis où personne ne veut mettre les pieds. La seule vraie solution ? Aérer franchement la structure : on élimine le superflu pour que le soleil vienne caresser chaque branche maîtresse.

2. Il est malade, a gelé ou semble abandonné

Soyons honnêtes : laisser traîner du bois mort ou pourri, c’est la porte ouverte aux champignons et aux parasites… On parle ici d’une intervention sanitaire ! Une taille sévère, c'est comme une opération chirurgicale bien ciblée : on coupe ce qui est fichu (parties mortes, branches gelées) afin que la sève se concentre sur ce qui peut encore vivre. Ça picote forcément au début – mais ce geste sauve toute l’ossature saine de l’arbre sur le long terme.

3. La production d'olives est en chute libre

Un olivier qui végète et ne donne plus grand-chose... C’est souvent le signe qu’il nourrit trop de vieux bois improductif. Et là, pas de miracle : seule une taille drastique va forcer sa nature rustique à redémarrer de plus belle ! Après une telle "remise à zéro", l’arbre se concentre sur ses jeunes pousses vigoureuses – celles-là mêmes qui porteront les récoltes futures. Entre nous : c’est aussi valable pour les arbres fruitiers bretons que mon grand-père rabattait sans états d’âme dans notre verger.

4. Pour une restructuration esthétique (forme en gobelet)

On ne va pas se mentir : un olivier bien taillé, c’est aussi un plaisir pour les yeux ! Parfois il faut tout reprendre à zéro pour retrouver une silhouette harmonieuse — ce fameux gobelet tant recherché par les puristes. En retirant branches anarchiques et repousses inutiles, on révèle enfin la charpente originelle : trois à cinq bras solides qui accueillent soleil et circulation d’air. C’est là qu’on parle vraiment travail d’artisan !

Schéma pédagogique olivier avant/après taille gobelet

Tailler sévèrement son olivier n’a rien d’une barbarie quand on sait pourquoi on agit : c’est une remise à plat salutaire pour relancer vigueur et beauté.

Comment réaliser une taille de régénération : le guide pas-à-pas et sans faux pas 🛠️

Allons-y, pas de tabou, on entre dans le dur : tailler un olivier, c’est prendre le temps de comprendre sa charpente et d’utiliser les bons outils. Si je vous entends sortir un sécateur de poche pour attaquer une branche grosse comme mon poignet, alors là, non ! Soyons clairs : pour la taille sévère, il faut du sérieux… et un peu de méthode.

Les outils indispensables : votre sécateur ne suffira pas !

Vous pensez qu’un petit sécateur à main fera l’affaire ? Oubliez ça. J’ai vu plus de dégâts avec des outils émoussés qu’avec une tronçonneuse bien réglée. Des outils mal affûtés, c’est comme un couteau à beurre pour couper un kouign-amann, ça déchire plus que ça ne coupe !

Checklist du parfait tailleur d’olivier :
- Scie d’élagage bien affûtée (indispensable pour les grosses sections)
- Ébrancheur (sécateur de force) solide et maniable
- Gants épais (le bois d’olivier pique plus que la fougère…)
- Alcool à 90° ou eau de javel diluée pour désinfecter les lames avant ET entre chaque arbre.

Main coupant une grosse branche d'olivier à la scie d'élagage
N’oubliez jamais la désinfection : sinon, autant inviter tous les parasites du voisinage à festoyer sur vos plaies fraîches…

Étape 1 : Observer et comprendre la structure de l'arbre

Avant même d’imaginer couper quoi que ce soit, posez vos outils au sol et faites trois fois le tour de l’arbre. Dix minutes (pas moins !) à observer : repérez ses 3 à 5 branches principales – celles qui forment sa colonne vertébrale, ses « murs porteurs ». On ne touche pas ces charpentières n’importe comment. Ce sont elles qui garantissent la solidité et la forme future.

Petit clin d’œil maison : mon grand-père m’a appris à toujours choisir « les bras les mieux placés face au soleil levant », même si personne aujourd’hui ne se soucie de ces détails ! Allez savoir pourquoi…

Étape 2 : Nettoyer le cœur et couper les grosses branches

Concrètement, voici comment faire sans massacrer votre arbre :
- Commencez par enlever tout le bois mort (inutile de garder du mobilier vermoulu…)
- Coupez ensuite les branches qui partent vers l’intérieur (celles qui bouchent la lumière et ferment le fameux gobelet)
- Terminez avec celles qui se croisent ou frottent, elles créeraient des plaies inutiles sur le long terme.
Pour les grosses branches (>4 cm), suivez la méthode en trois coupes :
1. Première entaille légère sous la branche (10/15 cm du tronc)
2. Deuxième coupe nette par-dessus quelques centimètres plus loin – ainsi, quand ça casse, l’écorce reste intacte sur le tronc.
3. Dernière coupe propre près du collet (base gonflée), légèrement en biais pour éviter que l’eau stagne.

Soyons francs : bâcler cette étape revient à bricoler une toiture sous l’averse – c’est catastrophique après coup !

Étape 3 : Raccourcir les charpentières et sélectionner les tire-sèves

Là on touche au secret des anciens. Le "tire-sève", c’est ce jeune rameau vaillant orienté vers l’extérieur du houppier : il va attirer toute la force montante. Placez votre coupe juste au-dessus d’un tire-sève bien placé (pas vers l’intérieur surtout). En pratique ? Réduisez franchement la longueur des grandes charpentières – oui, d’un bon tiers à la moitié parfois (!), ce n’est pas exagéré quand tout est fatigué ou anarchique.

Un olivier rabattu trop timidement repartira en broussaille — alors qu’une vraie taille franche relance la machine saine !

Ne laissez jamais plus haut que nécessaire : moins il y a de vieux bois inutile, plus vite votre arbre reformera une belle ossature harmonieuse — parole de Bretonne entêtée.

Et après la taille ? Soins et patience, les clés de la repousse 🌱

On y est, le chantier est terminé, la sueur séchée sur le front – il ne reste plus qu’à faire confiance à l’olivier… et à votre capacité à patienter. Franchement, entre nous, le plus difficile n’est pas de couper, mais d’attendre ! La nature fait mieux que n’importe quel tailleur armé, pour peu qu’on lui laisse un peu de temps et quelques soins bien sentis.

Faut-il mettre du mastic cicatrisant ?

La question revient sans cesse – et honnêtement, je comprends pourquoi on veut bien faire. Mais soyons lucides : les mastics cicatrisants du commerce sont le plus souvent une fausse bonne idée. Ils emprisonnent parfois l’humidité sous la croûte, favorisent les champignons et les pourritures… Une sacrée bêtise que je ne souhaite même pas à mon pire ennemi !

Pour protéger les grosses plaies (coupes supérieures à 10 cm), je préfère largement une recette « à l’ancienne » : un badigeon d’argile mélangée à un poil de bouse de vache (oui, ça sent fort mais ça marche…) ou un baume naturel maison. Résultat : la coupe respire, sèche vite et cicatrise comme sur les vieux pommiers de mon enfance. Encore une astuce que seuls ceux qui prennent le temps d’observer la nature comprennent.

La repousse : à quoi s’attendre et quand ?

Préparez-vous à être surpris : dès le printemps suivant la taille sévère, votre olivier va littéralement exploser en gourmands – des dizaines de pousses vigoureuses jaillissant du tronc, des charpentières coupées, parfois même de racines anciennes. À ceux qui paniquent devant cette forêt miniature : c’est normal ! L’arbre mobilise toutes ses réserves pour reconstituer son feuillage – c’est son instinct de survie ancestral qui parle.

Mais attention : ce n’est que le début du travail intelligent. L’année suivante (ou parfois deux ans si l’arbre était très affaibli), il faudra revenir sélectionner les pousses les plus fortes et bien placées — celles qui formeront la future charpente solide.

Olivier juste après taille sévère puis un an plus tard couvert de jeunes pousses

Entre nous : évitez de tout laisser pousser au hasard ! Les gourmands non sélectionnés forment vite un buisson inextricable qui épuise inutilement l’arbre. Là encore, seul l’œil attentif d’un vrai jardinier fera la différence…

Soyons honnêtes, la patience est une vertu du jardinier, que ce soit pour tailler un laurier rose ou attendre la reprise d'un olivier.

Les erreurs à ne surtout pas commettre avec votre olivier

Parlons franchement : il y a des bêtises qu’on regrette longtemps au jardin, et l’olivier ne pardonne pas tout. Pour éviter les bourdes classiques (et parfois irrémédiables), voici la liste des interdits, à afficher sur le frigo ou à coller sur la porte de la cabane à outils ! Franchement, entre nous, évitez ça et votre olivier vous remerciera…

olivier breton taillé : les pires erreurs
  • Tailler au mauvais moment : Couper en automne ou, pire, en plein gel, c’est condamner votre arbre à des cicatrices qui ne fermeront jamais correctement. Un coup de froid sur une coupe fraîche et c’est le jackpot pour les maladies !
  • Tout couper à ras du tronc (l’étêtage) : Une hérésie totale. L’olivier n’est pas une clôture qu’on rabat d’un coup sec. Il faut toujours préserver quelques départs potentiels – sans ça, vous bloquez toute la sève et l’arbre peut mettre dix ans à s’en remettre… si jamais il survit.
  • Laisser pousser tous les gourmands : Après une grosse taille, le tronc et les branches explosent de jeunes pousses. Si vous ne sélectionnez rien dans l’année qui suit, bonjour la forêt vierge ! Le bois se fatigue inutilement et la forme devient vite ingérable. C’est valable pour n’importe quelle essence indisciplinée…

Tailler au mauvais moment (en automne ou en plein gel)

Soyons directs : le danger numéro un, c’est le gel sur les plaies fraîches. Couper quand il fait froid, c’est comme poser des menuiseries neuves sur un mur ruisselant d’humidité : tout va finir par pourrir. Attendez toujours que les risques de froid soient passés – aucun olivier n’a jamais été pressé par le temps !

Couper toutes les branches à ras du tronc

On appelle ça l’étêtage et franchement, c’est une mutilation pure et simple. Vous supprimez tous les points d’entrée possibles pour la sève : résultat, plus aucun espoir que l’arbre reparte sainement.

Ne jamais étêter un olivier ! Couper toutes les branches principales à ras du tronc est le meilleur moyen de le faire souffrir, voire de le tuer. Une taille de régénération préserve toujours la structure de base de l'arbre.

Gardez TOUJOURS des charpentières vivantes ou au moins quelques moignons bien placés – il faut guider la repousse intelligente plutôt que tout raser comme un barbare.

Laisser trop de gourmands se développer

Les gourmands (ces pousses longues et tendres qui surgissent partout après une taille sévère) sont une vraie plaie si on leur fiche la paix : ils dévorent toute l’énergie de l’arbre sans rien apporter côté structure. Faites régulièrement le tri dans cette « nouvelle forêt » sinon votre olivier repartira dans tous les sens… Un olivier qui repart en buisson anarchique, c'est comme une haie qu'on laisse filer. Si on ne la discipline pas un minimum, comme pour tailler des thuyas, ça part vite dans tous les sens et perd tout son intérêt.

Taille sévère de l'olivier : guide pratique pour une repousse réussie

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